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Forum : Les nouvelles

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Forum : Toutes les nouvelles

  Posté par Vinvino - 12/05/2012 - 19:47 - 5 commentaires - Edit
Hier soir, lors d’un souper entre amis :

Richard Leroy Les Noëls de Montbenault anjou 2006 : Couleur très pâle (alors que j’ai déjà eu des expériences plus oxydatives avec ce vin). Nez qui prendra du temps à s’ouvrir sur des notes de fruits blancs frais, de houblon, de fumée, de fougère, avec des nuances tourbées, iodées et poivrées très intrigantes. La bouche est tendue comme un arc, précise, intense, d’une grande fraîcheur. Acidité élevée, mais sans caractère tranchant. Un vin puissant, très long, serré, encore dans sa gangue. Très différente de l’autre bouteille bue, si ce n’était de l’étiquette, je pourrais facilement croire à un 2010 tant il paraît jeune! Très bien.

Weinbach Schlossberg Cuvée Ste-Catherine L’Inédit riesling alsace grand 2001 : Nez expressif et exotique, puissant, complexe et détaillé. Il s’articule autour de notes de fruits mûrs (ananas, mangue, litchi), d’agrumes confits, de fumée, d’abricot sec, avec en arrière plan des arômes de gomme de pin et de minéralité chaude qui procurent beaucoup de relief à l’ensemble. La bouche est chatoyante, avec du sucre résiduel (30 à 40 grammes à mon palais), mais sans mollesse, simplement une richesse assumée et équilibrée par le reste des composantes. Très longue finale parfumée, à la texture magnifique, à la fois enveloppante et vaporeuse. Un vin magnifique, plus net que la dernière bouteille que j’ai bue, qui semble capable d’évoluer encore 10 ans sans problème. Excellent, voire davantage.

Ramonet Clos de la Boudriotte chassagne-montrachet 1er cru 2008 : Couleur infiniment pâle, on dirait presque un rosé ! Nez qui a besoin d’un peu de temps pour se placer (soufre et bois au départ). Il s’ouvrira sur des notes de fruits rouges frais, d’épices douces, avec quelques nuances végétales et fumées. La bouche est parfumée, délicate, fine et bien fraîche. Pas un grand volume, mais sans impression de minceur. Structure légère, qui pourtant porte le vin dans une jolie finale. Bien, voire davantage.

Balthazar Chaillots cornas 2009 : Couleur violacée brillante … les bulles, lorsque le vin est versé en carafe, sont mauves ! Nez d’une prime jeunesse, pur et mûr, sur des notes de mûre, de bleuet, de fusain, avec des nuances de violette et de sang. La bouche est puissante, vigoureuse, concentrée. Excellente longueur virile aux accents ferrugineux, magnifique éclat. Brut de coffre pour l’instant, mais c’est le millésime le plus convaincant que j’ai goûté de ce vin ! Très bien et probablement excellent à maturité.
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  Posté par patrickessa - 09/05/2012 - 14:23 - 1 commentaires - Edit
Retour sur les gourous

Je vous ai mis en lien ce matin un ancien article écrit par l'excellent Laurent Gotti. Journaliste pour la revue Bourgogne Aujourd'hui, il en est devenu le rédacteur le plus prolixe et sans doute celui qui en compagnie de Christophe Tupinier donne le "la" à ces colonnes forts lues par les passionnés de Bourgogne. Un bimestriel important qui perdure à juste titre car il s'agit sans aucun doute de la seule revue francophone qui investigue quotidiennement dans le vignoble bourguignon. Cela, sans négliger les appellations les moins huppées.

  Le lien évoque un article que la revue suisse vinum a publié sur les potentialités des dégustateurs. En fait, de don il n'y aurait pas et de personnes plus capables que d'autres d'appréhender les vins, guère plus!

 Dès lors on peut en déduire simplement que prescrire en écrivant sur les vins  est juste une question de persuasion associée à une médiatisation des contenus. En somme pour être influent, il faut être lu par le plus grand nombre et disposer d'un certain capital confiance conféré justement par un média bien établi. Le genre de raisonnement qui s'il est pertinent peut également finir par se "mordre la queue" car la crédibilité s'aquière sur la durée et elle est souvent le fruit d'un long et précieux travail de fond, voire de sappe.

  Ecrire pour le Wine Advocate, pour la RVF ou pour un autre média majeur - et même mineur - alors que l'on est  "journaliste dégustateur" confère un certain pouvoir, celui de juger, de dire aux lecteurs sous couvert d'une autorité puissante que tel et tel cru est à encaver...ou pas! C'est un juge de paix qui est accepté par un ensemble d'abonnés près à se laisser guider avec plus ou moins de docilité. Voilà la génèse de notre fameux gourou! Un truc mystique...

  ...Gourou, c'est être invité en avant première aux primeurs bordelais, être courtisé par les agences de presse des syndicats viticoles ou par les vignerons "majeurs" des appellations les plus en vues, donner de sa personne et du crédit à des jurys qui fondent leur importance sur les concours comparatifs, être attendus comme le messie pour expertiser un lot de vieilles bouteilles ou animer une conférence sur l'avenir de la viticulture...en somme positionner la personnalité du dégustateur avant les vins eux même. Ils permettent aux acheteurs de déguster un vin noté 20 sur 20 ou 100 sur 100 avant de découvrir quelle est son appellation, ils permettent de rêver sur des chiffres ou des mots avant même les premières sensations organoleptiques ressenties.

  Oui le gourou du vin n'existe pas, oui les êtres humains sont relativement tous imparfaits au niveau des capacités senorielles. Mais ils ont tellement besoin de "lumières" projettées sur ce qu'ils ne comprennent pas que les avis de ceux qui se disent plus éclairés restent des phares lumineux qui les éblouissent un peu trop facilement...

  ...Sans le moindre doute, mais sans déplaisir non plus, tant il est vrai qu'on aime, aimer ce que le plus grand nombre aime!



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  Posté par patrickessa - 08/05/2012 - 11:09 - 3 commentaires - Edit

Redécouvrir la Grange des Pères

 

  Les vins bien nés ne meurent jamais! Je me souviens avoir bu ce cru il y a quatre ans et ne guère avoir apprécié son équilibre. Je me trompais. Sans doute la preuve tangible qu'il faut savoir prendre son temps avant de poser un jugement sur une bouteille. Dans la quantité importante des dégustations que j'opère, celui-ci me manque parfois. Il m'est alors loisible de corriger les impressions premières lors d'une autre dégustation pour définir le cadre le plus juste possible dans lequel un vin s'exprime.

   Bien entendu ce vin a évolué durant ces quatre dernières années et il s'est affiné au point qu'aujourd'hui sa forme initiale est quasiment méconnaissable. Pourtant de manière contradictoire je l'ai parfaitement reconnu à l'aveugle en le situant toutefois sur le millésime 2002...là encore la mémoire ne se satisfait pas toujours des changements sensibles qu'elle détecte : "oui c'est bien la Grange, non cela ne peut-être 2005!" pensais-je en mon for intérieur. Combien cela rend humble au final!

   Le vin possède une couleur jaune d'or à turbidité assez élevée. d'entrée on perçoit aisément sa maturité, sa concentration et son absence quasi totale de filtration. Le nez exhale des notes d'élevage associées au bois qui singe un rien les élevages bourguignons fardés. Mais ce profil est tellement souvent celui que les amateurs recherchent jusqu'à la carricature que je sais par avance qu'il va diviser une tablée n'appréciant pas les "ersatz" et les scories aromatiques exogènes et démonstratives. Les palais de mes amis sont si aiguisés que je sens qu'ils vont plomber ce vin "d'évidence"...cela ne loupe pas car ils le trouvent un peu "too much"! Je défends toutefois sa large matière, son côté glycériné, son intensité aromatique centrée sur des amers présents mais aussi de forts belles notes épicées. Grange 2005 n'est pas un vin "facile" il a été pensé avec ambition par un type qui "sent" sans doute merveilleusement le blanc, je le ressens nettement et comme les viticulteurs de cette trempe sont peu nombreux, j'avoue que j'adore comme un "fan" sans trop réléchir.

  Avec le temps j'avoue en avoir un peu marre de déguster des blancs oenologiquement corrects, qui ne vibrent pas, et ne montrent aucune vision originale. Les reproductions de forme parfaites donnent de beaux vins mais ils ne m'intéressent plus vraiment. Ici l'on va plus loin dans la quête d'une matière puissante, séveuse et surtout une matière qui ne nie pas son origine solaire. Le vin est sudiste, il reste sudiste et en conserve les meilleures qualités tout en osant postuler que le fond généreux qu'il possède pourra s'affiner avec le temps, voire un temps très long. Qu'importe les pisses froids qui ne lui trouvent "pas assez de" et/ou "trop de", il est ainsi et il faut le prendre comme tel. Chapeau au vigneron qui tient la barre ferme dans ce sens car à chaque fois que je le déguste, il me paraît reconnaissable entre tous...et je l'aime plus fort d'année en années!

   Les arômes de bouche centrés sur le pain grillé, le gingembre et la cannelle évoquent les versions "classiques" des Corton-Charlemagne de nos grands pères lorsque l'on osait encore les cueillir après les rouges - le dernier exemple vivant êtant celui de Faiveley mais il change ces dernières années - et la structure glycérinée et visqueuse du vin est proprement unique si l'on exclu les derniers très grands Hermitage blancs, qui sont en voie de disparition "grâce" aux préceptes oenologiques modernes proscrivant les hautes maturités et les sensations légèrement initiales oxydo-réductives. Je me suis régalé a imaginer ce que je pourrais faire en ces terres d'Aniane et je crois que j'irais dans le sens des frères Vaillé sans me préoccuper du "reste du monde" qui de toute manière la plupart du temps aime ce qu'il ne comprend pas! Ce vin là n'a pas de frère , ni même de cousin, il est là comme une évidence, comme un des seuls grand vin blanc du Languedoc avec le Bourboulenc 2009 de Eric Supply, mais en plus raffiné encore.

  La longueur de ce vin est digne des meilleurs quille blanche bourguignonne et comme la Goutte d'Or 2010 a été dégustée auprès de lui, il  possède à l'évidence je pense une large part commune avec sa trame, sa puissance, son élevage et sa densité. Le soleil les sépare mais une seule et même vision les unit! Un vin d'émotion qui je l'avoue n'a guère ému que deux personnes sur huit ce soir là! Mais quel bon moment avec ce vin qui est évidement et naturellement Hors classe pour votre serviteur.

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  Posté par P. Radmacher - 06/05/2012 - 18:20 - 4 commentaires - Edit
MASTERCLASS DE PRINTEMPS AVEC L’OENOTHEQUE ALSACE


Le soleil brille sur la capitale alsacienne, les températures sont estivales et le quartier de la cathédrale est envahi de touristes comme en plein mois d’août mais, malgré cette ambiance vacancière, quelques amateurs de vins ont choisi de se retrouver dans la salle de dégustation située à l’étage de la maison Wolfberger de Strasbourg pour suivre une nouvelle leçon de savoir-boire auprès de Thierry Meyer.

 


Effervescence presque estivale dans la rue des Orfèvres à Strasbourg…


 


…où se trouve l’antenne strasbourgeoise de la maison Wolfberger


Dans ce nouvel espace, plus petit et un peu moins bien équipé que l’amphithéâtre colmarien, nous ne sommes hélas que 7 dégustateurs présents pour assister à cette Masterclass délocalisée à Strasbourg pour la première fois…et peut-être la dernière, vu le nombre de participants !
 


Elle est pourtant fort accueillante cette salle de dégustation… !


Au programme du jour, deux thèmes très originaux :

·    A quel âge faut-il boire le muscat ?
·    Les vins d’Alsace sont-ils compétitifs dans le monde des vins moelleux d'entrée de gamme ?

Hoppla jetzt geht’s loos !


Masterclass Alsace du 28 avril 2012 à Strasbourg

Tous les vins sont dégustés et commentés à l’aveugle – verres INAO


Thème 1 : le muscat face au temps.

Muscat Les 3 Demoiselles 2011 – M. Pfister à Dahlenheim : le nez d’intensité moyenne est encore marqué par sa jeunesse avec des notes amyliques (bonbon) et fermentaires (mie de pain), la bouche flatte par sa belle rondeur et son équilibre, la finale manque un peu de profondeur mais possède un petit caractère minéral fort agréable.
Muscat 2010 – Domaine Weinbach à Kaysersberg : le nez est très discret mais d’une grande pureté sur un registre floral assez complexe, la bouche est droite, ample, la finale légèrement amère possède une longueur aromatique intéressante.
Cépage et millésime impriment leur marque sur ces deux muscats forts différents mais très plaisants. Le 2011, tiré sur cuve le matin à Dahlenheim, se montre très prometteur, séduisant malgré son caractère encore très primeur, le 2010 tendu et très pur avec une aromatique bien complexe fait déjà rêver à de beaux accords gastronomiques.

Muscat 2008 – Domaine Schoech à Ammerschwihr : le nez est intense et expressif avec une palette riche sur les herbes aromatiques (estragon), le buis et la feuille de cassis, en bouche, il y a de l’ampleur, une acidité bien large et un joli développement aromatique qui laisse un sillage persistant en finale malgré une matière qui va rapidement perdre sa tenue.
Muscat G.C. Kirchberg de Barr 2008 – Domaine Klipfel à Barr : le nez est plus discret sur un registre floral bien complexe et quelques notes d’agrumes, la bouche est riche et charnue, l’équilibre très rond et la finale qui manque un peu de tonus confirme ce caractère un poil trop mou pour mon goût.
Récolté en grande partie sur le coteau granitique du Sonnnenberg le muscat de Schoech est frais et relativement bien structuré mais le caractère aromatique particulier, qui révèle peut-être une maturité un peu juste, peut surprendre…moi j’ai bien accroché ! A l’inverse le Grand Cru possède une olfaction plus mûre et plus classique mais souffre d’un manque de nervosité en bouche…néanmoins il garde un beau potentiel de séduction.

Muscat Collection 2007 – Domaine Kuentz-Bas à Husseren les Châteaux : le nez est discret avec une palette végétale d’une belle finesse complétée par des notes de citron et un léger grillé, la bouche ample et la matière très souple donnent un aspect très rondouillard au milieu de bouche, la finale est un peu plus nerveuse et d’une jolie longueur, discrètement poivrée et minérale
Muscat Cuvée du Banni 2005 – Domaine Fritsch à Marlenheim : le nez est fin, complexe et très pur, sur la menthe sèche, le citron, les herbes à tisane et le raisin mûr, la bouche est très bien équilibrée, charnue et très gourmande avec une finale longue et aérienne rafraîchie par une délicate touche mentholée.
Les vignes en lyre sur le calcaire du Steinklotz ont permis à Romain Fritsch de réussir un superbe muscat qui aura très bien résisté dans le temps en gagnant en complexité tout en gardant une structure assez solide, le 2007 qui provient d’une parcelle calcaro-gréseuse située au dessus de la limite du Pfersigberg, flatte les sens par son aromatique très pure mais se montre un peu moins « punchy » en bouche, même si les sensations en finale laissent penser qu’il peut encore évoluer.

Muscat Andlau 2003 – Domaine des Marronniers à Andlau : le nez d’intensité moyenne révèle des notes de résine et de raisin sec, la bouche est agréable avec son toucher soyeux, sa matière généreuse et son équilibre étonnant de vivacité, la finale est rafraîchie par des arômes finement mentholés.
Le coté solaire du millésime marque le vin tant au niveau de l’olfaction qu’au niveau de la présence en bouche, mais l’équilibre tient sans faillir…c’est une très belle réussite !

Muscat Herrenweg 2002 – Domaine Zind-Humbrecht à Turkheimn : le nez est moyennement intense avec des notes de tisane et de poivre blanc, la bouche légère et bien équilibrée est fort agréable malgré une finale un peu courte.
Muscat Cuvée Exceptionnelle 2001 – Domaine Bott frères à Ribeauvillé : le nez, sur le raisin sec et l’abricot confit comme la bouche avec sa matière très généreuse révèlent une très belle maturité mais l’ensemble reste fin et équilibré avec une finale légère marquée par des notes de tisane discrètement mentholée.
Ces deux vins qui ont atteint la décennie ont gardé une belle fraîcheur avec la marque du terroir pour le premier (une certaine légèreté due aux sols d’alluvions de la plaine de la Fecht) et l’influence du millésime pour le second (récolté à la limite de le V.T.).

Muscat 1981 – Domaine Klipfel à Barr : le nez est intense et très complexe sur la menthe poivrée, la citronnelle et une touche finement anisée qui rappelle l’estragon, la bouche est en cohérence avec le nez, car après une attaque en douceur la présence aromatique s’affirme progressivement pour finir en beauté sur la menthe et les épices.
Récolté sur le coteau du Freiberg situé dans le prolongement du Kirchberg de Barr, ce muscat trentenaire est somptueux : raffiné, complexe et frais…je vais peut-être revoir ma politique de gestion de cave en commençant à garder quelques flacons de ce cépage !


 


30 ans séparent la première de la dernière bouteille…



Pour conclure :

- Le muscat est depuis toujours l’un de mes cépages préférés en Alsace ; je l’aime pour ses arômes charmeurs de raisin frais et de fleurs et pour leur silhouette légère et juvénile. Pour moi, c’est avant tout un vin de plaisir simple et immédiat dont je n’ai que très rarement évalué le potentiel de garde. Pourtant, comme nous l’a rappelé Thierry dans son introduction, le muscat sait se tenir dans le temps et évolue en passant par 4 étapes :
=> lors de la première année il se goûte comme un vin primeur présentant un caractère fruité et amylique
=> jusqu’à 3 ans, le fruit s’épanouit et la salinité commence à pointer dans les vins issus de grands terroirs.
=> entre 4 et 10 ans, le fruité devient plus mûr, les notes de tisane font leur apparition et les grands vins de terroir arrivent à pleine maturité.
=> après 10 ans, le fruit s’estompe, les notes de tisane et d’herbes sèches dominent avec l’expressivité des terroirs.
Cette belle série nous a permis de vérifier, verre en main et papilles en éveil, la pertinence de ces allégations…Superbe leçon !

- Néanmoins, malgré la claque reçue en buvant le 81, mon goût personnel reste en faveur des vins jeunes : même si je suis très sensible à l’élégance des palettes aromatiques des muscats évolués, je suis moins convaincu face à leur présence en bouche qui a quand même tendance à s’étioler dans le temps. Certes tous les vins présentés dans cette série se tenaient tous très bien, mais dès les cuvées du millésime 2008 je n’ai pas pu m’empêcher de penser que j’aurais surement eu encore plus de plaisir à les boire quelques années plus tôt…

- Pour les coups de cœur c’est le grand écart : le muscat 3 Demoiselles 2011 a montré un profil conforme à mes attentes face à ce cépage (le 2010 dégusté récemment était également superbe !) mais à l’autre bout de la série il y a l’incroyable 1981 dont la finesse et la jeunesse m’ont bouleversé…Dilemme !


Thème 2 : les alsaces moelleux sont-ils de bonnes affaires pour l’amateur ?.


Sainte Croix du Mont 2010 – Pierre Chanau (Auchan) : le nez est assez agréable avec des notes de tabac brun, de fruits jaunes mûrs et de pain grillé, la bouche est moelleuse, facile d’accès mais la finale est bien courte.
Coteaux du Layon Elysis 2010 – Caves de la Loire à Brassac : le nez est assez plaisant sur le miel et le champignon blanc, la bouche est très dissociée avec un côté acidulé et un côté moelleux qui cohabitent sans grande harmonie.
La série ne commence pas trop mal avec un premier moelleux honnête au charme consensuel mais superficiel, hélas, avec la seconde bouteille c’est un peu la punition…un vin brouillon sans intérêt.

Gewurztraminer 2010 – H. Eberhard négociant à Ammerschwihr pour Leclerc : le nez est complexe et fin sur la rose, la violette et le bois de réglisse, l’équilibre moelleux/acidité ne manque pas d’élégance, la finale séduit par sa belle fraîcheur mais déçoit un peu par sa faible longueur.
Château Valentin - Loupiac 2007 – Caves de Loze à Gabarnac : bouchonné, imbuvable.
Ne cherchez pas le domaine Rebmann (qui se traduit par « homme des vignes ») en Alsace, à l’instar du « grand » Pierre Chanau qui fournit des vins à Auchan, c’est également un vigneron virtuel crée par Leclerc. Malgré tout, il faut reconnaître que ce gewurztraminer bien typé et joliment balancé se déguste avec beaucoup de plaisir…avec un peu de profondeur en plus, il pourrait revendiquer une place parmi les beaux vins d’Alsace.

Blanc moelleux du Comté Tolosan – S.A. Trilles à Maureilhan : le nez assez franc est dominé par des notes de sauvignon, en bouche c’est Trafalgar : complètement dissocié, rachitique et aqueux en finale…reste une vague impression sucrée, mais c’est une bien maigre consolation !
Pinot Gris V.T. 2007 – Domaine Eblin-Fuchs à Zellenberg : le nez est discret sur les fruits jaunes avec une petite touche lactée, en bouche l’équilibre est rond, confortable et très consensuel, la finale marquée par des notes de caramel manque un peu de longueur.
Inutile de s’étendre sur le cas du premier vin, un breuvage tout bonnement indigne qui nous a fait apprécier le second avec une certaine indulgence… Ceci dit, ce pinot gris, vinifié avec le souci de plaire au plus grand nombre, reste à un niveau de qualité tout à fait honorable.

Fonduroc - Côtes de Bergerac moelleux 2007 – U.C.V.D.A.F. : bouchonné, imbuvable.
Gewurztraminer V.T. 2009 – Bestheim : le nez est net mais assez discret avec des notes de fruits secs, de grillé et de fleurs, la bouche est onctueuse, l’équilibre est franchement liquoreux et la finale assez longue révèle de délicates nuances fumées et poivrées.
Après un deuxième bouchon défectueux sur cette série (ça commence à faire beaucoup !), cette bouteille de gewurztraminer nous propose une version classique mais bien séduisante de ce cépage en surmaturité…ouf, on commençait à désespérer !

Gewurztraminer V.T. 2005 – Cave Viticole de Turkheim : le nez est ouvert et très complexe avec une palette florale (lavande, rose) et exotique, la bouche est ample, moelleuse et solidement structurée avec un agréable goût de raisin sec, la finale est pure mais de longueur moyenne.
Enfin un moelleux complet et complexe à souhait…mais placé hors concours à la fin cette série somme toute un peu tristounette…une récompense bien méritée pour les dégustateurs du jour qui ont bien voulu se prêter à ce jeu de comparaison mettant en compétition des bouteilles d’un niveau qualitatif d’une faiblesse inhabituelle dans les sélections de l’Oenothèque


 


Les sucrettes assez tristounettes…



Pour conclure :

- L’étalonnage du goût est un exercice parfois ingrat pour un dégustateur amateur. Cette série de bouteilles que Thierry a volontairement collectées dans la grande distribution avait comme objectif de situer les moelleux alsaciens dans l’offre française d’entrée de gamme : j’ai joué le jeu en classant tous les vins à l’aveugle.
 
1 : Gewurztraminer 2010 - 5,45 euros      
2 : Gewurztraminer VT 2009 - 17 euros     
3 : Sainte Croix du Mont 2010 - 4,59 euros      
4 : Pinot Gris VT 2007 -  16,15 euros     
5 : Coteaux du Layon 2010 -  6,79 euros     
6 : Blanc du Comté Tolosan - 1,49 euros      
Non évaluables : Loupiac 2007 -
4,11 euros (50 cl) et Côtes de Bergerac 2007- 2,43 euros    

- L’analyse de ce petit tableau fait apparaître quelques évidences :
=> les moelleux alsaciens s’en sortent très bien en se classant au sommet de la hiérarchie (classement largement partagé par l’ensemble des dégustateurs présents) d’autant plus qu’il y a un réel fossé qualitatif entre le 4° et le 5° vin.
=> les moelleux alsaciens d’entrée de gamme sont chers : on ne trouve aucune bouteille libellée V.T. en dessous de 15 euros les 75 cl.
=> en terme de rapport Q/P, c’est le gewurztraminer 2010 qui remporte la palme suivi par le surprenant Sainte Croix du Mont qui, malgré sa simplicité, offre la possibilité d’entrer dans l’univers des vins moelleux à peu de frais.

- Ceci dit, comme tout œnophile convaincu qu’il vaut mieux boire moins et boire bien, je militerai évidemment en faveur de l’achat de V.T. alsaciennes…
à bon entendeur !

 

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  Posté par patrickessa - 06/05/2012 - 16:58 - 0 commentaires - Edit

Saint Chinian "Les terrasses grillées" 2011 - Domaine Moulinier:

   Dégustation de ce vin naissant au fût avec Stephane Moulinier et sa compagne Valérie grâce à l'entregent de Doc'Dany...un moment comme je les aime, fait de simplicité et de partage et des vins qui bien entendu retiennent l'attention surtout après la visite de la vigne de schiste qui les génère pour partie. Les deux cuvées - schistes et calcaires - se combineront fort bien car la première confèrera cette année de la douceur à la seconde plus nerveuse et tendue. J'ai aimé l'intensité des arômes, la couleur foncée et le grain fin de ces cuvés bien nées dans un millésime pas toujours aisé à accoucher. Du potentiel. Très bien. 

Puis...mini-verticale en mangeant au domaine:

Saint Chinian "Les terrasses grillées" 2009 - Domaine Moulinier:

   Le vin ressemble à Guy et Stéphane Moulinier: un solide gaillard au charme juvénile! Nez très racé qui exhale le poivre blanc, le lard fumé et les épices douces puis qui s'ouvre à l'aération sur des notes de mûres et de pruneaux très avenante. La texture du vin est souple et il coule avec une facilité déconcertante en bouche grâce à une jolie et fraîche acidité. Long, dense et parfaitement poli...quel beau canon! Excellent.


Saint Chinian "Les terrasses grillées" 2003 - Domaine Moulinier:

  Si le millésime marque un peu la cuvée du côté des aromes mûrs et d'une certaine "sucrosité" il n'en garde pas moins une vraie séduction et un équilibre encore frais et nerveux. La robe se pare de reflets acajous, le nez est intensément parfumé sur le bâton de réglisse, les fruits rouges écrasés et la bouche est onctueuse, riche et souple par ses tanins très enveloppants. Un vin de plaisir qui ne doit pas être dégusté...mais bu à large lampée! Très bien +

Saint Chinian "Les terrasses grillées" 1999 - Domaine Moulinier:

  Dégusté pour la seconde fois en quelques mois, le vin s'est encore une fois montré à la hauteur dans ce millésime bon qui n'a pas atteint les sommets. Comme le 2009 il a une fraicheur remarquable et un grain fin sur une très belle acidité qui tend la structure et étire la finale. On comprend pourquoi le cru est souvent identifié comme faisant partie du cinq majeur du Languedoc. Longue finale. Très bien +

Saint Chinian "Les terrasses grillées" 1994 - Domaine Moulinier:

  Il me semble qu'il s'agit du premier millésime de la cuvée créée par Guy Moulinier et le vin montre ici une remarquable aptitude au vieillissement. Si l'on considère sa densité, son équilibre, sa puissance et sa longueur dans le millésime il me emble que sur ce que je connais il s'agit simplement du meilleur 1994 que j'ai dégusté à ce jour. Certes Bordeaux, Rhône et Bourgogne étaient sur des millésimes en demie teinte et le Languedoc est la seule région de ce pays ayant véritablement réussi ces vins - jusqu'alors mon favori était Cailloutis 94 du Mas Jullien -mmais cela n'explique pas tout. Voilà "La" cuvée qui prouve la grandeur des sols et des vignerons de cette région tout simplement. Robe sombre mais avec quelques reflets rubis, peu évoluées; nez très fin sur la syrah mûr, poivré, épicé, un rien animal et bouche pleine, suave et parfaitement polie par le temps. Quel beau vin! Hors classe

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